Les passeurs de haute montagne, souvent des locaux, sont peu nombreux et très sollicités par différents réseaux d’évasion. Ils risquent leur vie pour aider les évadés, avec le soutien d’une partie de la population locale. Fin 1943, plusieurs passeurs, comme Jean-Baptiste Barbe et Maurice Jourde, sont arrêtés à la cabane de Gouaux-de-Luchon, tandis que Philippe Alvarez et Bonaventure Morales sont capturés alors qu’ils préparent des passages. André Conques, quant à lui, échappe aux arrestations et poursuit son action de passeur sans jamais réclamer de rémunération (en règle générale, le passage coûte entre 4 000 et 50 000 francs).
Le saviez-vous ?
Entre 1940 et 1945, des milliers de militaires alliés se retrouvent sur le territoire français occupé. Certains appartiennent aux armées polonaise, tchécoslovaque, belge ou néerlandaise engagées aux côtés de la France en 1940. D’autres sont des soldats britanniques restés en France après la bataille de Dunkerque, incapables d’être évacués vers l’Angleterre.
À partir de 1941, un autre groupe apparaît : les aviateurs alliés abattus lors de bombardements au-dessus de l’Europe occupée. Cachés par la population et les réseaux clandestins, beaucoup tentent de rejoindre l’Espagne afin de regagner l’Angleterre et reprendre le combat.
Ces militaires deviennent l’un des publics principaux des filières d’évasion, notamment dans les Pyrénées.


