03 – Femmes et hommes de l’ombre

Des filières d’évasion se forment pour organiser les passages vers l’Espagne. Composées d’hébergeurs, de convoyeurs, de faussaires et de passeurs, elles ont pour mission de garantir la sécurité des évadés. Avec l’aide des services secrets alliés, ces réseaux d’évasion se structurent progressivement afin de limiter les pratiques malhonnêtes (extorsions, dénonciations, meurtres …) et d’augmenter le nombre de convois. Les traversées, souvent nocturnes et périlleuses, sont facilitées par des femmes et des hommes courageux. Parmi eux, Jean Ribes, commis du Trésor à Saint-Béat, fabrique de faux papiers, et Jeanne Marie Marcelle BORDES, coiffeuse à Fronsac, guide les fugitifs. Leur bravoure entraîne leur arrestation et leur déportation dans les camps nazis.

Le saviez-vous ?

Dans l’histoire de la Résistance française, les historiens distinguent généralement les mouvements et les réseaux, deux formes d’organisation clandestine complémentaires.

Les mouvements de Résistance se développent principalement à l’intérieur du territoire français. Leur objectif est d’organiser et de structurer l’opposition à l’Occupation et au régime de Philippe Pétain. Ils mènent différentes actions : diffusion de journaux clandestins, propagande contre l’occupant, recrutement de nouveaux membres, organisation de groupes armés et soutien aux maquis.

Dans la zone sud, trois grands mouvements jouent un rôle majeur : Combat, Libération‑Sud et Franc‑Tireur. En 1943, ces mouvements fusionnent pour former les Mouvements unis de Résistance (MUR), afin de coordonner leurs actions et renforcer l’efficacité de la lutte clandestine.

Les réseaux de Résistance, quant à eux, sont souvent créés ou soutenus par les services secrets français ou alliés installés à Londres ou à Alger. Leur fonctionnement est plus discret et compartimenté. Ils sont généralement spécialisés dans des missions précises : collecte de renseignements militaires, sabotage d’infrastructures, organisation de parachutages, ou encore mise en place de filières d’évasion permettant de faire passer des fugitifs vers l’Espagne ou vers l’Angleterre.

Si leurs missions diffèrent, mouvements et réseaux travaillent souvent ensemble. Les mouvements fournissent des contacts, des refuges et des volontaires, tandis que les réseaux apportent des moyens techniques, des liaisons avec les Alliés et une coordination avec l’effort de guerre extérieur.

 

Philippe Alvarez et ses compagnons
Philippe Alvarez et ses compagnons
Jean Ribes
Jean Ribes
Jeanne Bordes
Jeanne Marie Marcelle BORDES