En Espagne, certains évadés sont arrêtés à Bausen, d’autres durant leur descente vers le Val d’Aran (Les ou Bossost). La plupart sont emprisonnés dans des prisons locales, à Vielha, Sort, Lleida, ou internés au camp de Miranda de Ebro, officiellement désigné par les autorités franquistes sous le nom de « Campo de concentración de Miranda de Ebro ». Ce camp enferma des milliers d’évadés, prisonniers politiques et réfugiés dans des conditions de détention sévères : maltraitances, nourriture et soins insuffisants… Grâce à l’aide de la Croix-Rouge et des consulats alliés, les évadés des Pyrénées finissent toutefois par être libérés après plusieurs semaines de détention et peuvent poursuivre leur chemin vers la liberté.
Le saviez-vous ?
Le nombre de personnes ayant franchi les Pyrénées pendant la Seconde Guerre mondiale a longtemps été difficile à établir. Dans ses travaux pionniers, l’historienne Émilienne Eychenne avançait une estimation d’environ 30 000 évadés.
Depuis plusieurs décennies, l’ouverture de nouvelles archives (notamment en Espagne) a permis d’affiner ces chiffres. Les historiens ont notamment pu consulter les registres d’écrou des prisons espagnoles, où étaient souvent internés les fugitifs arrêtés après leur passage de la frontière.
Les recherches menées notamment par Josep Calvet conduisent aujourd’hui à des estimations plus élevées, évoquant jusqu’à 70 000 à 80 000 passages entre la France occupée et l’Espagne pendant la guerre.
Ces fugitifs sont très divers : résistants, militaires alliés, réfractaires au STO, Juifs persécutés ou civils cherchant à fuir l’Occupation.
