01 – Marcher pour fuir

 

Depuis des siècles, la frontière pyrénéenne entre le Comminges et le Val d’Aran est un lieu de passage pour contrebandiers, bergers et voyageurs. Ce phénomène s’intensifie pendant la Guerre d’Espagne (1936-1939), lorsqu’un grand nombre de réfugiés espagnols fuient les troupes franquistes, traversant les Pyrénées pour se réfugier en France.

Avec l’occupation nazie (1940-1944) et l’instauration du régime de Vichy, ce flux s’inverse : des militaires alliés, des juifs persécutés et des résistants français utilisent ces mêmes chemins pour rejoindre l’Espagne. À la gare de Saléchan, Émile Verdier, chef de gare et résistant, accueille les évadés et facilite leur départ au péril de sa vie.

Le saviez-vous ?

Entre 1936 et 1939, la guerre civile espagnole oppose les forces loyalistes républicaines aux troupes nationalistes du général Francisco Franco, soutenues notamment par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Après la victoire franquiste au printemps 1939, près de 500 000 républicains espagnols franchissent les Pyrénées pour se réfugier en France lors de ce que l’on appelle la Retirada.

À leur arrivée, ces réfugiés sont désarmés et internés dans des camps installés dans le sud de la France, comme Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien ou Gurs. Les conditions de vie y sont particulièrement difficiles : manque d’abris, de nourriture et d’hygiène. Malgré cet internement, beaucoup de ces exilés restent déterminés à poursuivre la lutte contre le fascisme.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, certains rejoignent la Résistance, les maquis ou les réseaux. Leur expérience de la guerre et de la clandestinité en Espagne les rend particulièrement précieux dans l’organisation de la lutte contre l’occupation allemande.

Parmi ces engagements figure celui du Groupe Ponzán, fondé autour du militant anarchiste Francisco Ponzán Vidal. Ce groupe joue un rôle important dans l’organisation de filières d’évasion entre la France et l’Espagne, permettant à de nombreux évadés de franchir les Pyrénées pour rejoindre l’Angleterre et reprendre le combat.

 

Gare de Saléchan
Gare de Saléchan
Réfugiés espagnols au camp de Marignac
Réfugiés espagnols au camp de Marignac
Emile Verdier
Emile Verdier