07 – Organiser la fuite, c’est résister !

De nuit, André Conques traverse les bois de Gaud, la cabane de Salode et le pic du Burat jusqu’à Bausen pour guider ses convois. En décembre 1943, malgré la neige, il accompagne 25 militaires alliés de différentes nationalités. Il signe son plus grand exploit en acceptant de mener un convoi record de 42 personnes, toujours avec courage et discrétion. Après la guerre, son engagement est reconnu : en 1956, il reçoit le titre officiel de « passeur bénévole », puis en 1980 la médaille de combattant volontaire de la Résistance et de nombreuses attestations de gratitude des évadés et compagnons.

Le saviez-vous ?

Pendant l’Occupation, la Résistance ne repose pas seulement sur les combattants clandestins. Elle s’appuie aussi sur le silence d’une partie de la population. Dans de nombreux villages, habitants et voisins voient passer des fugitifs, des passeurs ou des résistants… et choisissent de ne rien dire.

Ce silence rappelle celui décrit dans le livre clandestin Le Silence de la mer, publié en 1941. Dans ce récit, une famille française refuse d’adresser la parole à l’officier allemand logé chez elle : un silence qui devient un refus moral de l’Occupation.

Dans la réalité, ce silence discret (ne pas dénoncer, détourner le regard, garder un secret …) permet souvent aux réseaux clandestins et aux filières d’évasion de survivre. Sans ce soutien implicite de la population, la Résistance n’aurait pas pu durer.