03 – Profil des évadés : une aventure humaine

En cette année 1943, on peut distinguer trois catégories de fugitifs :

  • Les résistants, les militaires évadés et les réfractaires au STO (Service du travail obligatoire), qui cherchent à gagner l’Afrique du Nord pour rejoindre la France libre. Quelques 33 000 passages furent ainsi réussis par les seuls Français. Hélas, 5 000 évadés furent arrêtés et déportés, selon les chiffres avancés par Emilienne Eychenne.
  • Les militaires alliés : on en compte plus de 10 000. La plupart était des aviateurs (britanniques, canadiens, américains, polonais…) tombés au-dessus de la France et de la Belgique. Ce nombre important de militaires à exfiltrer décide Londres à instaurer un service secret spécialisé, le MI9, chargé d’organiser les filières d’évasion de ces pilotes.
  • Dernière catégorie, les Juifs (Hollandais, Polonais, Allemands, Autrichiens, Grecs, Hongrois, Français et même Russes). Selon l’historien Josep Calvet, ils furent 15 000 à tenter de passer la frontière entre 1939 et 1944.

Paul Mifsud : quelles étaient tes motivations pour franchir la frontière ?

En 1943, Paul est un tout jeune homme âgé de 18 ans. De nationalité anglaise par son père natif de Malte, Paul s’est fait naturaliser Français deux ans auparavant. Il vit à Saint Martory avec son père, sa mère commingeoise étant décédée lorsqu’il était enfant. Paul et son père sont convaincus du bien fondé de la lutte menée par le général de Gaulle depuis Londres – conviction certainement renforcée en raison de leur origine. Aussi Paul se décide-t-il à passer la frontière pour rejoindre les FFL avec l’un de ses camarades, Jean GAUBERT, alors âgé de 20 ans. Son entreprise est facilitée grâce à son amitié pour un passeur BORDES, rencontré à Saint-Martory. Paul lui fait part de son projet d’évasion, et BORDES lui propose instantanément de le faire passer de l’autre côté de la frontière, et ce gratuitement. Paul obtiendra même que Jean puisse également tenter l’évasion dans les mêmes conditions.

Paul et Jean, à l’instar de milliers d’autres, incarnent, malgré leur jeune âge, la force de l’engagement et de la prise de risques face aux forces d’occupation pour rejoindre les troupes combattantes du général De Gaulle.

Perfil de los fugitivos: una aventura humana

En este año 1943, se pueden distinguir tres categorías de fugitivos :

  • Resistentes, militares fugados y refractarios al STO (Servicio del Trabajo Obligatorio), que intentan llegar a África del norte para unirse a la Francia Libre.
    Los Franceses solos lograron unos 33.000 pasajes. Desgraciadamente, 5.000 evadidos fueron detenidos y deportados, según las cifras presentadas por Emilienne Eychenne.
  • Militares aliados: hay más de 10.000. La mayoría eran aviadores ( británicos, canadienses, estadounidenses, polacos…) caídos en Francia y Bélgica. Este importante número de militares a exfiltrar decide Londres a instaurar un servicio secreto especializado, el MI9, encargado de organizar las rutas de escape de estos pilotos.
  • La última categoría son los Judíos ( Holandeses, Polacos, Alemanes, Austríacos, Griegos, Húngaros, Franceses e incluso Rusos). Según el historiador Josep Calvet, fueron 15 000 los que intentaron cruzar la frontera entre 1939 y 1944.

Paul Mifsud : ¿ cuáles fueron tus motivaciones para cruzar la frontera ?

En 1943, Paul es un joven de 18 años. De nacionalidad inglesa por su padre nativo de Malta, Paul se naturaliza francés dos años antes. Vive en Saint Martory con su padre, ya que su madre cominguesa murió cuando él era niño. Paul y su padre están convencidos de la legitimidad de la lucha liderada por el general de Gaulle desde Londres, convicción que sin duda se ve reforzada por su origen. Así pues, Paul se decide a cruzar la frontera para unirse a las FFL con uno de sus compañeros, Jean GAUBERT, entonces de 20 años. Su empresa se ve facilitada gracias a su amistad con un pasador, BORDES, al que conoció en Saint-Martory. Paul le informa de su plan de fuga y enseguida BORDES le propone hacerle cruzar la frontera, y eso gratis. Paul incluso logrará que Jean pueda también intentar la evasión en las mismas condiciones.

Paul y Jean, como otros miles encarnan, a pesar de su corta edad, la fuerza del compromiso y de la toma de riesgos frente a las fuerzas de ocupación, para unirse a las tropas combatientes del general De Gaulle.

Profile of the escapees: a human adventure

In 1943, three categories of fugitives can be distinguished:

  • Resistance fighters, escaped soldiers and Compulsory Work Service (named STO – Service de Travail Obligatoire – in France) refractory soldiers, who sought to reach North Africa to join Free France. Some 33,000 crossings were made by the French alone. Unfortunately, 5,000 escapees were arrested and deported, according to figures provided by Emilienne Eychenne.
  • Allied soldiers: there were more than 10,000 of them. Most of them were airmen (British, Canadian, American, Polish…) who landed in France and Belgium.
    This large number of soldiers to be exfiltrated caused London to set up a specialised secret service, MI9 (abbreviation of Military Intelligence, Department 9), in charge of organising the escape routes of these pilots.
  • The last category was Jews (Dutch, Polish, German, Austrian, Greek, Hungarian, French and even Russian). According to the historian Josep Calvet, 15,000 of them tried to cross the border between 1939 and 1944.

Paul Mifsud: what were your motivations for crossing the border?

In 1943, Paul is a young man of 18 years old. His father, a native from Malta, is English and Paul had become a naturalized French citizen two years earlier. He lives in Saint Martory with his father, his mother from the Comminges having died when he was a child. Paul and his father are convinced of the legitimacy of the struggle led by General de Gaulle from London – a conviction that is certainly reinforced by their origin. So Paul decides to cross the border to join the Free French Forces (named FFL – Forces Françaises Libres in France) with one of his friends, Jean GAUBERT, then aged 20. His plan is facilitated by his friendship with a smuggler, BORDES, whom he met in Saint-Martory. Paul tells him about his idea to escape, and BORDES immediately offers to take him across the border for free. Paul even obtained that Jean could also try to escape under the same conditions.

Paul and Jean, like thousands of others, embody, despite their young age, the strength of commitment and risk-taking facing the occupying forces to join General De Gaulle’s fighting troops.